Crises de colère

Les crises : une étape normale du développement

Les crises de colère font partie du développement normal de l’enfant, particulièrement à l’âge où celui-ci commence à développer son autonomie, soit à partir de 18 mois. Certaines crises ne durent que quelques minutes, mais d’autres peuvent se prolonger pendant plus d’une heure.

Certains enfants ont plus tendance à faire des crises que d’autres. Cela peut être dû au fait qu’ils ont un tempérament plus affirmatif ou encore une moins grande tolérance à la frustration. Il est également observé que les crises de colère sont plus fréquentes chez les enfants qui sont moins à l’aise d’exprimer verbalement leur mécontentement. Leur colère se manifestera alors par des cris et des gestes.

Pourquoi fait-il des crises?

Pour un tout-petit, les crises sont souvent une façon de réagir lorsqu’il se sent dépassé par l’intensité de ses sentiments ou de ses besoins, et qu’il n’arrive pas à les exprimer. Même pour un enfant qui parle bien, mettre des mots sur ses émotions et ses sensations est difficile et demande de la pratique et des encouragements.

Les crises surviennent ainsi souvent lorsqu’un tout-petit :

  • ne peut pas faire ce qu’il souhaite (fait face à une contrainte);
  • doit faire quelque chose dont il n’a pas envie;
  • est dépassé par un sentiment d’impuissance, de frustration, de colère, d’anxiété ou même de peur;
  • est fatigué, a faim, est excité ou ne se sent pas bien;
  • ne réussit pas à faire quelque chose qu’il souhaite accomplir tout seul;
  • manque de mots pour s’exprimer;
  • a découvert par expérience qu’une crise lui permet d’obtenir ce qu’il désire;
  • souhaite avoir de l’attention, peut-être parce qu’il se sent tenu à l’écart, ignoré ou seul, ou, au contraire, parce qu’il a l’habitude de monopoliser l’attention.

Quelles que soient les raisons des accès de colère de votre enfant, voici quelques lignes de conduite qui peuvent vous aider à y faire face :

  • Commencez par essayer d’apaiser et de calmer votre enfant en nommant son émotion : « Je vois que tu es très fâché! », mais n’insistez pas. Si vous tentez de le raisonner, la crise risque plutôt de durer plus longtemps. Il n’est probablement pas en état de vous écouter. Ou :

Chéri(e), je suis désolé(e) que tu aies été en colère. Je respecte ce que tu ressens, mais pas la manière dont tu le gères. Si tu recommences à me traiter de la même façon, je quitterai à nouveau la pièce. Je t’aime et j’ai envie d’être avec toi, alors dis-moi quand tu seras prêt(e) à me traiter avec respect et je serai content(e) de t’aider à trouver d’autres façons de gérer ta colère. Es-tu prêt(e) à chercher avec moi des solutions qui seront respectueuses pour nous deux ?

  • Si votre tout-petit ne vous écoute pas, observez-le de loin et laissez passer la crise sans intervenir, sauf pour assurer sa sécurité. Ainsi, vous devez l’arrêter s’il vous frappe ou frappe une autre personne, s’il se frappe lui-même ou s’il lance des objets. Vous pouvez éloigner les autres personnes et les objets de votre enfant le temps de sa crise. Attendez qu’elle soit passée pour discuter avec lui.
  • Gardez votre calme pendant la crise, car vous emporter contre votre enfant ne ferait qu’aggraver les choses. Ainsi, si vous haussez le ton, il criera plus fort, sans compter que vous risquez aussi de l’effrayer. Si vous êtes énervé et qu’un autre adulte est présent pour assurer la sécurité de votre tout-petit, éloignez-vous pendant quelques minutes pour retrouver votre sang-froid. Si vous êtes seul avec votre enfant, respirez profondément pour reprendre le contrôle de vos émotions.
  • Rappelez-vous que c’est important de ne pas céder quand il fait une colère, même si c’est très tentant de lui donner ce qu’il veut quand il vous frappe et hurle en public. Même si vous ne cédez qu’une ou deux fois, vous lui apprenez que ses accès de colère sont un moyen efficace d’obtenir ce qu’il veut.
  • Si vous êtes dans un lieu public, ne vous souciez pas de ce que pensent les gens autour de vous : pour chaque personne qui est critique à votre égard, il y en a une autre qui se montre compréhensive et qui compatit sincèrement. Concentrez-vous sur la meilleure manière d’affronter la situation et rappelez-vous que les parents parfaits n’existent pas.
  • Quand la crise est finie, tenez votre enfant contre vous pour l’apaiser et le rassurer. Ces accès de colère, qu’il a de la difficulté à contrôler, l’affectent également. Aidez-le à parler de ce qui s’est passé, de ce qu’il a ressenti et de la cause de sa colère. S’il ne parle pas encore, faites-le pour lui. Par exemple, dites-lui : « Tu voulais faire une belle tour avec tes blocs, mais elle tombait toujours quand tu mettais le bloc bleu. Ça t’a mis en colère et tu t’es mis à crier.  Que s’est-il passé? À ton avis, qu’est-ce qui a provoqué cette situation ? Qu’est-ce que tu proposes comme solution? Comment penses-tu résoudre le problème ? Qu’as-tu appris qui pourra t’aider la prochaine fois ?
  • Proposez à votre enfant une ou deux choses qu’il peut faire à la place d’une crise. Il saura ainsi qu’il existe d’autres moyens que les cris et les coups pour exprimer son mécontentement. Par exemple, il peut respirer à quelques reprises comme un papillon quand il sent la colère monter en lui, c’est-à-dire prendre une grande inspiration en ouvrant les bras comme les ailes d’un papillon et expirer en refermant « ses ailes » sur son cœur. Votre tout-petit peut aussi dire qu’il est fâché avec des mots ou dessiner sa colère.
  • Ne mettez pas votre enfant en retrait lorsqu’il fait une crise de colère, car cela pourrait l’angoisser. Restez dans son champ de vision, car il est probablement aussi bouleversé que vous par ses propres réactions.

L’autre frases utiles:

Je termine ce que je suis en train de faire et je suis à toi! Je sais que tu es capable de dire ça de façon respectueuse. Je t’aime et je vais attendre qu’on puisse reprendre cette conversation de façon respectueuse. Je sais que tu peux trouver une solution qui nous aidera.

Comment prévenir les crises?

Même si les crises font partie du développement normal des enfants, vous pouvez aider votre tout-petit à en réduire la fréquence. Rappelez-vous toutefois qu’aucun parent ne peut empêcher toutes les crises de colère de son enfant. Voici quelques conseils pour réduire le nombre d’accès de colère de votre enfant.

Répondre à ses besoins de base

  • Respectez une routine stable pour les repas, les collations et le sommeil.
  • Évitez que votre enfant soit trop fatigué ou affamé. Quand vous sortez, pensez à emporter une collation.
  • Si votre enfant commence à manifester de l’agitation, tentez de voir s’il est fatigué, s’il a faim, s’il manque d’espace pour jouer, etc.
  • Si vous savez que vous vous rendez à un endroit qu’il trouvera ennuyeux, pensez à emporter des choses qui pourront l’occuper.

Habituellement, les crises de colère tendent à diminuer en intensité et en fréquence vers 3 ou 4 ans. Votre enfant développe alors un meilleur autocontrôle de ses pulsions et peut aussi mieux s’exprimer avec des mots.

Sources used: Sabate, Béatrice. La Discipline positive, Solène Bourque, Psychoéducatrice, www.naitreetgrandir.com,

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